L’industrie doit revenir dans Paris

Il y a les journées ceci, les semaines cela. Mais la semaine de l’industrie, c’est autre chose. Elle met en lumière nos petites et moyennes industries (PMI), nos métiers, nos réussites et parfois nos échecs. Et notre place dans la cité. D’autant que l’industrie a changé. Elle s’est adaptée à son environnement. Elle se tourne désormais radicalement vers le futur. Pour ces raisons, elle doit aussi réinvestir nos villes.

L’industrie de grand papa, c’est fini

En France, on n’a jamais eu une bonne image de l’industrie. C’était le grand capital ! Elle était salle, bruyante, dangereuse, un monde dur pour les hommes et pour l’environnement, objet de longues luttes sociales. Mais l’industrie d’aujourd’hui n’a plus rien à voir avec l’industrie de nos grands-pères. Toujours grande pourvoyeuse d’emplois (13,8 %) elle a changé. Il y avait déjà l’automatisation, il y a maintenant la fabrication additive (impression 3D), le développement du numérique et les machines connectées collaboratives. Et face à la concurrence des pays émergents, il faut redoubler d’inventivité, de recherches et de compétences humaines pour gagner la bataille de l’innovation. Le rôle des PMI, même sous-traitantes, avec leur réactivité et leur souplesse d’actions sont des atouts.  

L’usine est un acteur positif de son environnement

L’industrie intègre progressivement la dimension sociétale. Même si la route est encore longue, on ne doit pas sous-estimer cette évolution ni les coûts engagés par nos PMI pour respecter leur territoire. Cette prise de conscience citoyenne est réelle. Dans les mentalités, c’est en grande partie acquis dans la région capitale mais le mouvement est aussi lancé partout en France. De plus, chez nous, on ne produit plus de la même façon et ce que l’on fabrique a une plus grand valeur ajoutée qu’autrefois. Nos PMI lancent des productions de capacité moyennes, personnalisent des séries et se rapprochent des bassins de consommation. L’impact sur l’environnement est moindre avec une réduction des distances de transport, le traitement des déchets, la gestion optimisée des stocks, l’utilisation de matériaux recyclables. Et pour les plus avancés : l’autoproduction énergétique de certaines chaines et la valorisation des déchets. Nous devons encourager et valoriser ces bonnes pratiques.

Faire revenir l’industrie propre dans nos villes ce n’est pas vintage. C’est se tourner déjà vers demain !

L’industrie doit réinvestir nos villes

Puisque le gouvernement souhaite dynamiser les centres villes et les municipalités les quartiers défavorisés, nous devons trouver une place pour la petite industrie dans nos projets urbains. Et Paris doit donner l’exemple. Il ne manque pas de locaux disponibles, ni de programmes de réhabilitations dans les Quartiers Prioritaires de la Ville (QPV) pour ne pas oser ce défi. Mieux que les services, la petite industrie offre une palette nouvelle en matière d’emplois et de compétences. Comme elle a réussi à faire le lien avec les nouvelles technologies, l’immobilier industriel est devenu un monde ouvert. C’est aussi l’occasion de redonner de la mixité sociale à des zones urbaines qui l’ont perdue. Et de mettre fin à l’exode des cadres, et des diplômés qui veulent rester dans nos grandes villes où ils y trouvent l’accessibilité des transports, l’offre plurielle d’éducation et un environnement culturel riche. Faire revenir l’industrie propre dans nos villes ce n’est pas vintage. C’est se tourner déjà vers demain !

Bernard Cohen-Hadad,
Président du Think Tank Etienne Marcel
Président de la CPME Paris Ile-de-France


Crédit photo :Designed by vectorpouch / Freepik

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