Non, les besoins de crédits de trésorerie des PME ne sont pas une vue de l’esprit

Si la loi Pacte, actuellement en discussion à l’Assemblée Nationale, est un texte important qui vise à encourager les TPE PME à sortir d’un cycle de doutes et de méfiance vis-à-vis des politiques, des pouvoirs publics mais aussi de l’avenir, les questions de financement des TPE PME sont toujours d’une grande sensibilité. Et elles méritent une vraie attention et de vrais débats de la part des acteurs politiques comme des acteurs financiers. Mais parler, aujourd’hui, du financement des petites entreprises c’est reconnaître que les lignes ont bougé et savoir sortir des idées reçues. C’est aussi accepter de parler librement avec tous les acteurs même si nous devons toujours faire un nouveau pas les uns vers les autres.

Les larmes de crocodiles sur le financement des TPE PME

Parlez des problèmes des financements des TPE n’intéresse pas vraiment les journalistes. Combien de fois avons-nous entendu «les TPE, rien de neuf sous le soleil, les banques disent qu’elles prêtent de l’argent aux TPE PME et les TPE PME soulignent le contraire ! ». Problème de culture sans doute. S’il y a eu beaucoup de « casse » dans les TPE PME depuis 2018, aujourd’hui les chiffres ont changé. On est passé de 160.000 à 55.000 cessations d’activité par an. Et on peut se réjouir que la situation c’est améliorée. Les taux sont bas. Les encours de crédits TPE PME même s’ils varient d’un trimestre à l’autre progressent pour atteindre 4,8%  sur un an. Il y a toujours ceux qui, pour des raisons partisanes, vivent sur des schémas anciens et qui crient au scandale… Mais le travail de dialogue engagé depuis les années de crise par les organisations patronales, telles que la CPME, avec les établissements financiers a porté, et porte encore, ses fruits. Reste à l’entretenir, le nourrir et ne pas hésiter à évoquer, ensemble, les points de grippage. Mais s’il n’y a plus de problèmes de financement des TPE PME en France, cela ne veut pas dire que tout va bien. N’oublions pas que certaines TPE PME  connaissent, ici où là, des difficultés de trésorerie. Il convient de les aider et de les accompagner dans la durée.

Les besoins de trésorerie en question

On a  sincèrement regretté que l’Observatoire du Financement des PME n’ait pas souhaité, ces dernières années, actualiser le « rapport sur le financement des TPE » publié en 2014. Une mise à jour aurait bien été utile à tous. Quand une nouvelle dynamique s’engage il est bon de la quantifier et de la valoriser. Il est aussi d’avoir un rôle pédagogique vis à vos des entrepreneurs. Comment expliquer, alors que les encours de crédits augmentent régulièrement, que 25 à 30%* des TPE PME disent rencontrer « périodiquement » des difficultés d’accès au crédit ? Il faut sortir de ces ambiguïtés et de ces malentendus. Il ne s’agit pas seulement d’une bataille de chiffres mais souvent d’un vrai malaise voir d’un mal être pour nos entreprises. Nos entrepreneurs ne sont pas des experts financiers. Évitons le mélange des genres et de perception entre les crédits d’investissements, les crédits immobiliers et les crédits de trésorerie. Concernant les crédits de trésorerie (affacturage inclus) les chiffres de la Banque de France montrent que, sur un an, ils baissent de 2,8 %.  Une baisse expliquée en partie par les contraintes prudentielles des établissements financiers, l’autocensure des entrepreneurs, la mauvaise qualification des dossiers de demandes de crédits présentées, les risques d’insolvabilité, les délais de paiements…. Ce débat mérite d’être ouvert entre tous les acteurs d’autant que des solutions existent pour accompagner durablement les TPE PME.

Des solutions pas chères existent, parlons-en !

Nous n’insisterons jamais assez sur la qualité des relations entre les chargés d’affaires entreprises des banques et les entrepreneurs. Le développement du numérique dans la relation commerciale Banques – TPE PME se développe. Elle doit aussi paradoxalement valoriser l’humain. Si nos patrons de TPE PME ne sont pas toujours « blancs-bleus » dans leur façon d’aborder leurs demandes de crédits, il y a parfois des couacs, des malentendus, des erreurs du côté des banques que l’on peut éviter. Les petites structures prennent de plein fouet les difficultés qui les touchent. Elles « digèrent » moins bien aussi les conflits que les entreprises plus grandes. C’est pourquoi, le dialogue est prioritaire. Il doit être permanent d’autant que les banques restent le premier interlocuteur financier des professionnels et des TPE. Des solutions nouvelles arrivent et s’installent durablement. La concurrence n’est jamais une mauvaise chose à garantie et sécurité égales. L’affacturage a fait son aggiornamento. Des produits nouveaux, souples, sont développés et deviennent accessibles aux petites entreprises. Il y a aussi le développement du crowfunding et du crowlending dont la cote d’amour doit sortir des happy few. Car ces plateformes jouent désormais un rôle non négligeable dans le jeu du financement de proximité dans les territoires. Elles répondent aussi aux attentes de certains investisseurs. Il y a enfin, plus institutionnelle, l’initiative de la Banque de France avec la mise en place d’un réseau de correspondants TPE dans les départements. Ils sont gratuitement à l’écoute des petites entreprises. On le voit, le paysage du financement des TPE PME a bien progressé. Une raison de plus de ne pas se satisfaire d‘une vision déformée du passé ou des « on dit ».


Image : Nattanan Kanchanaprat – Pixabay

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