Police Municipale : On ne badine pas avec la sécurité des parisiens

Alors qu’un audit sur la sécurité des parisiens vient d’être rendu, et qu’un débat s’ouvre au Conseil de Paris, en février, la Maire de Paris Anne Hidalgo prend de court, sa majorité et son opposition, en déclarant publiquement qu’elle est favorable à la création d’une police municipale non armée. Cette annonce confirme que la campagne pour les municipales est bien lancée, répond à une attente des parisiens mais semble vain si l’on ne s’engage pas vers une sécurité de proximité.

La sécurité au cœur des Municipales de 2020

La campagne pour les élections municipales à Paris vient de vivre une accélération avec la Maire de Paris, non candidate officiellement,  mais qui montre que dans la campagne elle ne s’interdira rien ! L’annonce de la création d’une police municipale non armée en est le signe. D’autant que la sécurité des parisiens, particuliers ou entreprises, est au cœur de toutes les expressions depuis les attentats de 2015. Il serait une erreur de l’oublier. En effet, dans notre ville, les moments de tranquillité sont devenus rares. Pas un jour ne se passe sans que l’on constate des actions de harcèlements dans les transports,  des agressions, des crimes antisémites ou homophobes.
Sans oublier la non-réponse durable à la situation des migrants qui pose des problèmes humains et de santé publique.  Quant aux saccages commis en marge des manifestations des gilets jaunes nous ne pouvons plus supporter que notre ville et nos commerces paient le prix des querelles nationales. Le problème de la sécurité des parisiens n’est donc pas un leurre. Il est au centre des préoccupations de ceux qui vivent ou travaillent à Paris.

Paris doit redevenir une ville paisible

Jusqu’à présent on croyait la délinquance limitée à certains quartiers populaires. Ce n’est plus le cas, elle s’est développée dans toute la capitale, dans la rue, les transports et dans tous les commerces.  Bien entendu, les touristes ne sont pas épargnés. Elle touche aussi toutes les classes d’âges, des personnes âgées auxquelles on arrache leur sac, ou leur collier, aux jeunes des lycées et collèges qui sont rackettés. Il est impossible de laisser un objet visible, dans un véhicule en stationnement, ou qui sort peu ou prou de l’une de vos poches sans risquer de se le faire dérober. Impossible  aussi d’avoir un moment d’inattention dans les transports avec son téléphone portable ou avec ses affaires. Quant aux bandes d’adolescents qui entrent dans nos petites surfaces, nos commerces de chaussures ou de vêtements de sports et font en quelques minutes une « belle » razzia, elles sont de plus en plus jeunes. Oui, nos TPE sont fatiguées de supporter cette insécurité, ce manque d’écoute politique et de réponse pénale.

Créer une vraie police de proximité

Ceux qui nous font croire que le vrai débat doit s’ouvrir sur la gouvernance c’est-à-dire sur les prérogatives du Maire de Paris, ou des Maires d’arrondissements sur cette police municipale se trompent. Il convient, en revanche, d’échanger, sans délais, sur les pouvoirs, le budget et les moyens d’action de cette nouvelle police pour lutter efficacement contre la délinquance. Et de bénéficier d’une réponse pénale adaptée pour éviter qu’elle récidive. En effet, malgré leur dévouement les agents de la Préfecture de Police manquent de moyens et n’arrivent plus à traiter les demandes. Quel commerçant agressé n’a pas appelé son commissariat pour s’entendre dire qu’une équipe ne passera pas dans l’immédiat, faute de personnels ou de véhicules disponibles ? Quant aux 3200 agents de la brigade contre les incivilités, qui existe déjà, ce n’est pas avec un relooking d’uniformes ni un changement de nom qu’ils pourront devenir « une police » efficace dans nos quartiers. Nous avons besoin de retrouver une vraie police de proximité qui colle au territoire, connaisse les rues, les quartiers, les habitants, les jeunes, les commerçants, les artisans et les indépendants. Et la première arme efficace de cette police n’est ni létale ni à impulsion électrique. Elle est sociétale. Il faut revenir à ce qui a été détruit c’est-à-dire la présence d’une police de terrain, la qualité de l’implantation locale dans la durée des agents et  leur capacité de réagir efficacement aux désordres dans le cadre d’un soutien politique et d’un cadre judiciaire affirmés. Concernées, nos entreprises parisiennes entendent donc prendre toute leur place dans ce débat et veilleront à ce que l’on dépasse les effets d’annonce pour déboucher rapidement sur la mise en place de mesures concrètes et efficaces.

Bernard COHEN-HADAD
Président du Think Tank Etienne Marcel
Président de la CPME Paris-Ile-de France 


Crédit photo : ChiccoDodiFC / Fotolia

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