Trois points en suspension pour Paris et l’Ile de France

Parmi les grands sujets prioritaires de Paris et la Région Ile-de France, on ne peut s’exonérer de pointer du doigt les mobilités, l’emploi des jeunes et le numérique.

Parler de mobilité est passionnel

La question de la mobilité en Ile-de-France est passionnelle. Quelle violence et quelle absence de débats ! Récemment la Maire de Paris, Anne Hidalgo, dans un petit livre « Respire » part en guerre contre la norme euro6, le diesel et les constructeurs automobiles. L’idée est généreuse mais le raccourci est un peu… court. Se battre pour que l’on respire mieux dans nos villes est un beau combat. En revanche, faire croire que nous devons tous nos malheurs aux industriels c’est s’exonérer trop vite des responsabilités politiques et sociales. S’engager vers une suppression radicale de la voiture sans avoir prévu des passerelles vers les énergies propres est une erreur. Sans concertation, sans solution alternative, sans progressivité la fermeture des voies sur berge a été maladroite. Tout le monde ne peut pas se déplacer en « trottinette ». Mais rassurez-vous, la « fée Electricité » va nous sauver ! Reste que l’on se demande, chaque jour, où sont les bornes de recharges rapides dans la capitale et dans la région ? Quand au nouveau modèle électrique, on y va tête baissée, au risque de reproduire les mêmes erreurs. Pourquoi s’embêter à penser l’indispensable nécessité de diversifier nos énergies propres et regarder vers le gaz, l’hydrogène ?

Les dispositifs bouts de chandelle n’ont pas créé d’emplois durables chez les jeunes

L’autre axe prioritaire, c’est l’emploi des jeunes peu ou pas qualifiés. On tourne en rond depuis des années. La plupart des politiques publiques ont échoué. Murielle Pénicaud ne veut pas reproduire le même gâchis.  Acceptons donc de mettre des vrais moyens là où c’est nécessaire ! Comment continuer à revendiquer la priorité de l’intégration sociale et de l’insertion par l’activité économique sans vrais moyens budgétaires. Il faut autre chose que des dispositifs « bouts de chandelle » pour encourager l’emploi, garantir la paix sociale, lutter contre le radicalisme dans nos quartiers. La préfecture d’Ile-de-France s’engage fortement, des parlementaires aussi. On va dans le bon sens. Réunir les bonnes volontés et les compétences passe par un soutien de tous : grandes entreprises, mosaïque des TPE PME et expérience d’accompagnement des acteurs du monde associatif. Dans la durée. Valoriser le travail, et nos métiers, c’est aussi mieux faire connaître à tous le monde de l’entreprise. C’est rappeler que le chemin de l’emploi n’est pas linéaire, qu’il demande du temps. Et qu’un parcours de vie est fait d’échecs, de réussites et de rebonds. Et aussi de réorientation ! Alors que nos PME se plaignent de ne pas trouver les compétences et que les jeunes s’estiment discriminés, ces deux attentes doivent enfin se rencontrer.

Le numérique c’est aussi pour les TPE

Chaque jour on entend que le numérique va nous sauver ! Qui en doute ? Personne et surtout pas les TPE PME. Mais soyons sérieux. On ne règle pas l’enjeu numérique dans les #PME par un tweet ! Nos entrepreneurs ne sont pas fermés au monde qui les entoure. S’engager dans le digital nécessite de l’information, de la pédagogie et de l’accompagnement. Plus de 90 % des entreprises en Ile-de-France sont des TPE.  Elles sont encore mal équipées, mal connectées, mais attentives au « bouillonnement » numérique. Cependant, face à la multitude des offres et des messages complexes, les petites entreprises sont prudentes. Elles ont aussi besoin de financer l’immatériel. D’ores et déjà, veillons à combler les trous dans la raquette quant à l’accès au haut débit ou à la fibre dans certaines zones d’Ile-de-France. En ce sens, engager le dialogue avec les opérateurs de télécoms, comme avec les concepteurs de plateformes et d’offres commerciales web, et les banquiers, sont un préalable pour encourager la mise en place de packages d’accessibilité ou de vitrines numériques.

Dans un monde de plus en plus complexe et de plus en plus normé, nos entreprises se questionnent en permanence sur le devenir. Les échéances à venir vont nous aider à ouvrir ces débats. Qui entraîneront à Paris et en IDF, nous l’espérons, des actions concrètes.

Bernard COHEN-HADAD, président de la CPME Paris Ile-de-France


Crédit photo : Johnnie Shannon – pixabay

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Time limit is exhausted. Please reload the CAPTCHA.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.