Article publié le 7 avril dans L’Opinion
Fêter le travail en l’interdisant : c’est devenu le paradoxe du 1er mai. Dans notre pays endetté, empêcher les volontaires de travailler pour gagner plus est un non-sens et une erreur.
Pendant des années, ne pas travailler le 1er mai était un symbole partagé par les travailleurs et les patrons, une sorte de « Yalta » paritaire et social. Mais ces dernières années, avec l’uberisation du travail, l’explosion du télétravail, la semaine des 4 jours, la reconnaissance de la pénibilité et la recherche d’une amélioration du pouvoir d’achat, le beau symbole est devenu un dogme. Une entrave à la liberté de travailler. Une camisole administrative qui étouffe le bon sens et bride notre économie.
Un même Gouvernement est prêt à demander aux Français de travailler 2 jours fériés pour renflouer les caisses de l’État tout en interdisant le travail le 1er mai…
Beaucoup de responsables politiques parlent du travail avec des trémolos dans la voix. Mais un même Gouvernement est prêt à demander aux Français de travailler 2 jours fériés pour renflouer les caisses de l’État tout en interdisant le travail le 1er mai… Que d’incohérences ! On pénalise finalement le travail et notre productivité.
Ce 1er mai, vous pourrez acheter votre brin de muguet à la sauvette, sans contrainte, mais le fleuriste de votre quartier ou l’artisan qui paie ses charges devra travailler seul, sans ses salariés, ou bien garder le rideau baissé sous peine de lourdes sanctions. Vous pourrez déjeuner au restaurant mais il vous sera formellement interdit d’acheter une baguette à la boulangerie d’en face. Ce n’est plus un principe de protection… C’est un non-sens économique total qui décrédibilise la loi !
L’absurdité érigée en dogme face à l’économie réelle
Dans l’aide à domicile, la santé, transports ou nos services vitaux, l’activité ne s’arrête jamais. On ne dit pas à une personne isolée ou malade : « revenez demain, aujourd’hui on célèbre les acquis sociaux ». Parce que la vie ne s’arrête pas au son des défilés. Pourquoi alors vouloir imposer ce coma artificiel, ce black-out dogmatique, au reste du commerce de proximité ?
Sur le terrain, cette réalité agace nos entrepreneurs et décourage nos salariés. Derrière ce « sacro-saint » principe du repos obligatoire, il y a des réalités tangibles que les grandes centrales syndicales refusent de voir : la domination des échanges par les grandes plateformes de e-commerce, les salariés qui veulent travailler le 1er mai pour bénéficier d’une rémunération doublée et boucler leurs fins de mois, les PME qui veulent maintenir leur service client. Il y a une création de richesse que l’on empêche volontairement.
Interdire fermement à ceux qui le souhaitent de produire, de garantir un service de proximité et de gagner plus n’est pas seulement une erreur administrative, c’est une faute économique et politique.
Au même moment, la France croule sous une dette publique abyssale. Le pouvoir d’achat reste la préoccupation numéro un des ménages, laminés par l’inflation passée et préoccupés par celle à revenir. Le financement de notre modèle social est sur toutes les lèvres à l’heure où l’État cherche des milliards. Dans ce contexte, interdire fermement à ceux qui le souhaitent de produire, de garantir un service de proximité et de gagner plus n’est pas seulement une erreur administrative, c’est une faute économique et politique.
Faire enfin confiance au terrain : le pari du volontariat
Vendredi 10 avril, une proposition de loi importante est examinée à l’Assemblée nationale. Son but ? Permettre d’ouvrir le 1er mai dans les métiers de proximité sur la base du volontariat. Ce texte est clair, net, protecteur. Il ne contraint personne. Il ne casse aucun droit social. Il ne force absolument aucun salarié à travailler s’il préfère se reposer ou aller défiler. Il reconnaît simplement une évidence : la liberté et ne jamais empêcher de travailler ceux qui le souhaitent.
Ce combat pour la raison, nous le portons haut et fort à la CPME Paris. Il dépasse le seul calendrier des jours fériés. Il dit quelque chose de fondamental sur notre capacité collective à faire enfin confiance aux femmes et aux hommes qui font tourner le pays. L’entreprise n’est pas le lieu de la coercition permanente. C’est une communauté de destins où l’on sait s’organiser par le dialogue de terrain.
À force d’interdire par principe et de contraindre par habitude jacobine, l’État finit par affaiblir ce qu’il prétend défendre : la véritable valeur travail et le pouvoir d’achat. Il est grand temps de déverrouiller notre économie figée. Remettons de la cohérence dans notre droit, de la souplesse dans nos entreprises, de la liberté dans nos vies. Fêtons le travail dignement, oui. Mais libérons des dogmes ceux qui ont l’envie d’avancer, le besoin de mieux vivre et de prospérer.
Crédit photo : Image réalisée par Damien Richard avec l’ia
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