PME, comment éviter la cessation de paiement, article publié par Agnès Bricard, Bernard Cohen-Hadad et Jacques Varoclier dans La Tribune le 21 mai 2013
La crise fragilise la trésorerie des entreprises qui se trouvent parfois confrontées à un risque de cessation de paiement. Mode d’emploi pour éviter au patron de PME concerné de paniquer.
Le financement des TPE-PME est au cœur de la relance de notre économie. Les Assises de l’entrepreneuriat ont mis en évidence le besoin récurrent pour les TPE et PME de crédits de trésorerie nécessaires au financement de leurs besoins en fonds de roulement. Les établissements financiers déclarent que les crédits de trésorerie TPE sont en augmentation. Pourtant, le dernier baromètre CGPME-KPMG souligne que 26 % des PME se voient réduire l’accès au crédit. Dans quelques jours les PME vont présenter leur bilan comptable et se tourner vers leur banque pour prolonger ou renégocier des facilités de caisse. Si les exercices comptables sont bons, les concours financiers dont bénéficie l’entreprise seront reconduits […]
L’IA doit être au service de l’humain et du dialogue social dans l’entreprise !
Le sport-santé, un levier d’inclusion et un enjeu de solidarité
1er mai : cessons l’hypocrisie d’une fête du travail qui interdit de travailler !
La priorité PME avait été annoncée par le gouvernement de Jean-Marc Ayrault dès sa constitution. Depuis on a surtout multiplié les rapports économiques. Le Président de la République vient d’annoncer des mesures en faveur des entreprises. Est-ce suffisant ? Il y a d’un côté le travail des experts, de l’autre un discours politique en direction des PME brouillé par les idéologies. Et l’on se demande où sont les vrais objectifs ? Il y a aussi ce sentiment que les entrepreneurs sont la cible, les « riches ». La France peut-elle, plus longtemps, se passer d’une nouvelle politique entrepreneuriale en faveur des entreprises moyennes ?
Que retiendront les chefs d’entreprises de la première semaine de mai 2013 ? Les déclarations du Président de la République
Chacun a entendu le Président de la République « ce sont les entreprises qui créent la richesse, ce sont les entreprises qui créent de l’activité, ce sont les entreprises qui créent de l’emploi ». La mise au point était nécessaire. Ce message s’adresse au-delà des entrepreneurs à la nation toute entière. Mais pour les entrepreneurs ce n’est pas une découverte. Développer une entreprise, créer de la richesse, s’impliquer économiquement sur un territoire, sauvegarder des savoir-faire, maintenir quand c’est possible l’emploi, faire confiance aux jeunes est chaque jour ‘le job’ des hommes et des femmes patrons de TPE et de PME. Et le qualificatif de patron ne me gêne pas.
L’épargne financière des français représente 3600 milliards d’euros. On doit s’en réjouir car cela montre que les français sont responsables et prudents. Mais c’est un patchwork car quand on parle d’épargne on fait référence à une multitude de supports : l’assurance vie, l’épargne réglementée (livret A, LDD), l’épargne retraite, l’épargne salariale, l’épargne en actions des ménages, le fonds de réserve des retraites, la retraite additionnelle de la fonction publique. Et les mécanismes financiers actuels ne l’orientent pas assez vers le financement des PME et des ETI.
« Cela répond aux attentes des entrepreneurs, estime Bernard Cohen-Hadad, le président de la commission financement de la CGPME. Le fléchage de l’épargne vers les PME et les ETI est une bonne chose, nous l’avions demandé depuis un certain temps. » François Hollande a notamment annoncé la création d’un PEA PME, mais aussi la possibilité de flécher une partie des fonds de l’assurance-vie vers l’investissement en actions cotées et non cotées.
Comparer la France ou l’Europe aux Etats-Unis est toujours délicat en matière économique et financière. Les Américains vivent dans une véritable économie de marché qui privilégie leurs produits et leurs intérêts. Ils ont un autre rapport à l’argent et une autre façon d’en parler. Une autre façon aussi de le dépenser. Et l’entreprise est là pour faire du business. Mais en matière d’épargne cette étude montre-t-elle une différence de comportement que l’on soit d’un côté ou de l’autre de l’Atlantique ?
Personne ne le conteste, la vitalité des PME est cruciale pour l’emploi. Elle l’est aussi pour le redressement de notre industrie et du commerce extérieur principaux vecteurs de la croissance. Et dans la chaine des valeurs ajoutées qui aboutit à un bien fini, ce sont souvent nos PME qui apportent le plus de maillons véritablement français. Osons le dire, grâce aux PME et aux ETI la situation peut être redressée alors qu’à fin septembre 2012 le déficit des transactions courantes représente 2,3 % du PIB et celui des biens 3,5 %. Acteurs privés et publics se disent déterminés. Mais il faut plus que des mots pour y arriver. C’est pourquoi deux ressources sont nécessaires: le financement et l’information.
Après le Rapport Duquesne sur l’Epargne réglementée (330 milliards€),le rapport Berger-Lefebvre sur l’Epargne financière (3 600 milliards€) arrive au même constat: la France est riche de son épargne et il convient de mieux l’orienter vers les PME et ETI. Qui peut s’en plaindre ? Pourtant depuis le mois de mai 2012, les PME attendent un peu plus en matière de financement que des constats. Elles réclament des mesures d’urgence, des mesures concrètes, des mesures efficaces. Acteurs économiques de terrain, les PME représentent plus de 2 millions et demi d’entreprises et 30% d’entre-elles connaissent régulièrement des problèmes d’accès au crédit. Alors aider au financement des PME par l’épargne c’est sans doute créer un choc. Mais en grâce, pas un choc de confiance.
Alléger les procédures administratives qui pèsent sur l’activité en France : un serpent de mer qui revient régulièrement. Plusieurs gouvernements s’y sont essayés depuis plusieurs années. Pour François Hollande, il s’agit de lever les obstacles administratifs qui brident l’activité économique en France. Et pour aller vite, le gouvernement compte passer par la voie des ordonnances qui allège ces procédures…
NYSE Euronext devrait, en dépit des blocages actuels, lancer une Bourse dédiée aux Petites et moyennes entreprises à la fin du premier trimestre 2013. Une option très attendue par les professionnels du secteur dont le moral est au plus bas.
Les sénateurs communistes viennent de présenter une proposition de loi visant à amnistier les faits commis à l’occasion de mouvements sociaux et d’activités syndicales ou revendicatives. Ils demandent pour les salariés l’amnistie des «sanctions disciplinaires injustes» infligées et qui visent à «éteindre toute velléité de contestation». Voir l’entreprise comme une prison ou une zone de conflits permanents et le dirigeant comme «un tsar» est une vision totalement décalée de la réalité du monde économique d’aujourd’hui.
La finance de proximité, qui prend le risque d’investir dans les PME créatrices d’emplois, est à la fois « éthique et sociale ». Qu’attendent donc nos gouvernants pour l’encourager?
Bercy va modifier le « fichage » bancaire des dirigeants qui font faillite.
INFOGRAPHIE – Fleur Pellerin, ministre chargée des PME, souhaite que la notation de la Banque de France qui pénalise les chefs d’entreprise ayant connu des difficultés soit modifiée cette année. De quoi leur permettre de rebondir.