Article publié le 19 octobre dans La Nouvelle Revue Politique
Au lendemain des violentes émeutes en marge des manifestations étudiantes, l’heure est à la sidération et à la colère pour le monde économique. Alors que les fêtes de fin d’année approchent, je tire la sonnette d’alarme. Face aux pillages et aux destructions qui ont visé les cœurs de villes, je plaide pour une réponse d’une fermeté absolue et la mise en place d’urgence de dispositifs de soutien financier.
Des scènes de guérilla urbaine au coût vertigineux
En dépit de la mobilisation des forces de sécurité, plusieurs quartiers commerçants de nos villes ont été le théâtre de véritables scènes de guérilla urbaine. Le bilan pour le commerce de proximité est lourd : incendies, vitrines brisées, véhicules professionnels vandalisés et commerces de proximité intégralement pillés. Au-delà du nombre de boutiques touchées (1800), du choc psychologique, et de l’émotion intense qui nous emprunt, les dégâts matériels, économiques, psychologiques et les conséquences sociales pour l’emploi des collaborateurs des TPE s’annoncent colossaux. Qu’avons-nous appris des émeutes de 2018, 2023 et de la succession de dégradations qui émaillent régulièrement les manifestations dans les grandes métropoles ? La mise en place de cellules gouvernementales de crise, la création d’un numéro vert, l’organisation de commission d’indemnisations qui ne règlent « pas grand-chose » tant les conditions à respecter sont draconiennes pour les demandeurs ? Va-t-on continuer à leurrer les entreprises ? Alors qu’il convient de mettre un terme définitif au cercle vicieux de la violence qui sidère nos petits entrepreneurs, la France et tous les Français.
Au-delà du nombre de boutiques touchées, du choc psychologique, et de l’émotion intense qui nous emprunt, les dégâts matériels, économiques, psychologiques et les conséquences sociales pour l’emploi des collaborateurs des TPE s’annoncent colossaux.
Une attractivité locale lourdement menacée
Selon nos premières estimations, le coût des destructions, des dommages directs et indirects, pourrait dépasser le milliard d’euros pour l’ensemble des activités touchées, coût social du chômage partiel pour les salariés impactés compris. Pour certains commerçants lourdement touchés, la situation est des plus critique. Les commerces incendiés et pillés mettront plusieurs mois avant de reprendre leur activité. D’autres ne rouvriront jamais. Ces violences politiques à répétition ne font pas que fragiliser la trésorerie des boutiques. Elles nuisent à l’image de notre pays à l’international. Cette nouvelle crise survient alors que les artisans, commerçants et prestataires de services de proximité luttent déjà depuis des années contre la concurrence du e-commerce, font face des défaillances d’entreprises, à une réduction des aides municipales et à l’absence de soutien des dispositifs de la politique de la Ville. À l’approche des fêtes de fin d’année, période cruciale pour le chiffre d’affaires annuel des commerces de bouche, de décoration, d’habillement… c’est un ciel lourd de menaces qui plane sur les activités marchandes et les services. La violence éloigne les consommateurs. Elle nuit durablement à l’attractivité de nos villes, leur valorisation économique et renforce la fracture sociale.
L’État est nu
Face à ces violences nihilistes, factieuses et destructrices on attendait du président de la République une voix forte et l’annonce de mesures exceptionnelles à hauteur des drames économiques et humains. Pour répondre justement au désespoir de ceux qui ont perdu leur entreprise, leurs investissements, leur projet de vie professionnelle. Hier soir, nous avons assisté à une allocution présidentielle « martiale » pour demander au premier ministre de trouver des solutions, aux juges de faire ce que les Français attendent d’eux, aux préfets de remplir leurs missions et aux maires d’agir pour leurs administrés. Après de tels remèdes, comment ne pas comprendre notre déception ? Ce dont nous avons besoin, c’est d’une intervention immédiate de l’Etat auprès des assureurs afin de limiter ou supprimer les franchises, accélérer les expertises et verser des avances de fonds sur garanties acquises ; créer un « fonds remboursable de solidarité émeutes » pour compenser le reste à charge des sinistrés qui peuvent reprendre rapidement leur activité ; étaler le paiement des loyers professionnels, des charges fiscales et sociales ; dissoudre sans délai les groupuscules d’ultra gauche ayant appelé aux pillages et dont les auteurs bénéficient trop souvent d’une impunité totale en raison de leur insolvabilité ; organiser des États Généraux de la sécurité économique et de la vie démocratique pour coconstruire des solutions durables afin de s’assurer que de tels mouvements insurrectionnels, d’ampleur nationale, ne paralysent plus jamais nos villes, nos activités économiques ni ne détruisent notre avenir.
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