Tribune publiée le 21 janvier dans L’Opinion
La gestion écologique actuelle est punitive et elle asphyxie l’économie locale. J’en appelle à un changement de cap : sortir du dogmatisme et faire des TPE-PME les alliées de la transition économique durable.
Il y a six ans, de Lyon à Bordeaux, de Strasbourg à Grenoble, l’intention affichée était louable : préparer nos villes à l’urgence environnementale. Mais l’enfer est pavé de bonnes intentions. Pour les commerçants, artisans et dirigeants de TPE-PME, le constat est sans appel : la méthode employée, marquée par une verticalité idéologique et technocratique, s’est transformée en frein au développement économique local. Au prétexte de verdir la ville, certaines municipalités ont organisé la mise à mort de l’économie de proximité et la décroissance de leur tissu commercial. Le concept de « ville du quart d’heure », séduisant sur le papier, s’est traduit par une guerre de tranchées contre l’accessibilité aux centres villes. En voulant bouter la voiture hors des centres-villes sans offrir d’alternatives de mobilité suffisamment matures et connectées, on a érigé des frontières invisibles et encouragé le développement des plates-formes du e-commerce. Un comble !
Sortons du manichéisme : l’entreprise est responsable
Le résultat ? Une baisse de fréquentation pour nos commerces de proximité, qui voient leur clientèle périphérique se détourner vers les centres commerciaux de banlieue ou les géants du e-commerce et plébisciter des produits manufacturés qui viennent de l’autre bout du monde. À cette asphyxie logistique s’ajoute la désorganisation des villes et la pression fiscale insoutenable. Avec des Plan Locaux d’Urbanismes (PLU) non concertés et la flambée de la taxe foncière, justifiée par l’urgence climatique ou une gestion de la dette hasardeuse, on a frappé de plein fouet des entreprises déjà fragilisées. L’écologie ne doit plus servir de paravent à un matraquage fiscal. Une ville qui asphyxie ses créateurs de richesse, ses commerces indépendants, est une ville qui se meurt.
Avec des Plan Locaux d’Urbanismes (PLU) non concertés et la flambée de la taxe foncière, justifiée par l’urgence climatique ou une gestion de la dette hasardeuse, on a frappé de plein fouet des entreprises déjà fragilisées.
L’échec majeur des municipalités écologistes réside dans cette vision binaire : le « gentil » citoyen-jardinier contre le « méchant » commerçant-profiteur-pollueur. C’est une faute politique majeure. Il est temps de changer de paradigme. L’entreprise n’est pas l’ennemie de l’environnement ; elle est le laboratoire des solutions durables et circulaires de demain. Les PME sont agiles, ancrées dans leur territoire et riches de leurs savoir-faire, prêtes à s’engager. Ce qui leur manque, ce n’est pas la volonté, c’est l’accompagnement, la reconnaissance sociétale et la visibilité.
L’entreprise n’est pas l’ennemie de l’environnement ; elle est le laboratoire des solutions durables et circulaires de demain.
Je refuse la ville-dortoir ou la ville-musée. Je veux des villes vivantes, où le lien social se tisse dans l’échange commercial, où l’innovation naît dans nos ateliers et valorise la qualité de nos métiers. Pour cela, il faut réconcilier urgence climatique et dynamisme économique à travers une écologie du bon sens et du progrès humain.
Pour une mandature de croissance durable
Pour la nouvelle mandature 2026-2032, j’appelle les candidats à s’emparer de quatre axes majeurs. Premièrement, substituons l’incitation à la punition. Plutôt que de taxer, accompagnons financièrement les commerçants dans la rénovation énergétique de leurs locaux, le verdissement de leurs flottes et le traitement de leurs déchets. Deuxièmement, repensons la logistique urbaine. La ville a besoin de flux et d’intermodalité. Au lieu de supprimer les aires de livraison, innovons en mutualisant les espaces et en favorisant la mixité temporelle : livraison le matin, stationnement résidentiel le soir.
On ne joue pas avec la survie des commerces sur un coup de tête idéologique !
Troisièmement, utilisons la commande publique comme levier. L’intégration de critères RSE favorise naturellement les entreprises locales vertueuses et les circuits courts. Enfin, restaurons la démocratie économique. Aucun plan de circulation ne devra être modifié sans une étude d’impact économique préalable. On ne joue pas avec la survie des commerces sur un coup de tête idéologique !
En mars prochain, les Français voteront pour une véritable vision pour mieux vivre et mieux travailler dans leur Cité. Économie et écologie partagent la même racine, oikos, « la maison ». Continuer de vouloir les opposer est artificiel, mène à une impasse et à l’échec. Économie des territoires et écologie doivent avoir un même destin : celui de la croissance responsable portée par les TPE-PME. C’est le chemin que doivent emprunter les futurs maires. Le vert doit devenir la couleur de la croissance de demain !
Crédit photo : Robert Gourley sur Unsplash
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