Point de vue publié dans La Tribune le 12 janvier 2026
Les TPE-PME sont les grandes oubliées des décisions locales bien qu’elles représentent 96% des entreprises. J’en appelle à briser ce plafond de verre.
Paris, Marseille, Lyon, Grenoble, Lille… Nos métropoles deviennent de moins en moins attractives pour l’économie de proximité. Derrière les discours officiels vantant l’attractivité, la réalité du terrain est sombre. Les rideaux baissent, les livraisons deviennent un parcours du combattant, les talents fuient.
Si la création d’entreprises bat des records en France, nos villes subissent aussi un bond des défaillances inédit depuis 15 ans. Face à l’essor du e-commerce et aux difficultés d’accès au centre-ville, ce n’est plus la destruction créatrice mais l’hémorragie silencieuse.
Nous ne sommes pas des « vaches à lait » !
L’entreprise n’est pas qu’un tiroir-caisse : elle est une citoyenne à part entière.
Trop longtemps, les municipalités n’ont vu l’entreprise qu’au travers du prisme budgétaire. Premiers contributeurs fiscaux, nous sommes pourtant les derniers consultés. Cette posture de « payeur aveugle » n’est plus tenable. L’entreprise n’est pas qu’un tiroir-caisse : elle est une citoyenne à part entière.
L’entreprise citoyenne réclame simplement de la considération. Un commerçant qui illumine sa rue, c’est de l’engagement sociétal et de la sécurité. Un artisan qui forme un apprenti, c’est la transmission d’un patrimoine vivant. Une PME qui ouvre ses métiers à des stagiaires écoles ou qui embauche un jeune de quartier, ou une personne en situation de handicap, c’est de l’intégration.
Contrairement à une nébuleuse associative parfois « subventio-dépendante », nos PME ne vivent que de leur travail. Pourtant, nous subissons la déconnexion totale de certaines administrations municipales qui imposent une gestion et une vision dogmatiques de la ville.
De la « ville contrainte » à la « ville partenaire »
Le malaise est plus profond. Alors que des listes communautaires cherchent à dissoudre la communauté nationale, le monde économique – par nature ouvert sur le monde qui l’entoure – se retrouve exclu du débat citoyen. Cantonné à un rôle d’alibi ou de bouc émissaire, l’entrepreneur est sommé de se taire et de payer. Nous devons urgemment passer d’une logique de « ville contrainte » à une logique de « ville partenaire ».
Nous voulons une écologie incitative, financée par l’investissement et l’innovation, pas par la taxe
Les politiques anti-voiture dogmatiques en sont l’illustration parfaite. Au lieu de privilégier l’intermodalité, l’écologie urbaine est devenue principalement punitive. C’est vrai, la pollution et les canicules menacent nos activités et la santé de nos équipes. Mais nous voulons une écologie incitative, financée par l’investissement et l’innovation, pas par la taxe. La mobilité ? Nous la voulons fluide. Car chaque heure perdue dans les bouchons est une heure de PIB en moins pour les budgets municipaux et une heure de stress en plus pour nos collaborateurs.
Cette culture du résultat, propre aux entrepreneurs, doit irriguer la gouvernance municipale. À Paris, la dette de 9,3 milliards d’euros est une épée de Damoclès qui pèse sur l’avenir de la capitale. A Grenoble, Lyon, Lille ou encore Marseille, les tendances ne sont pas meilleures… Dans le privé, une telle dérive mène à la faillite immédiate !
Construire la ville de demain
Pour rétablir la confiance, les bonnes intentions ne suffiront pas. Il faut des actes institutionnels. C’est pourquoi j’appelle tous les candidats aux municipales de 2026 à inscrire dans leur programme la création d’un Conseil Économique, Social et Environnemental Municipal (CESEM).
Il ne s’agit pas de créer un énième « machin » ou un comité fantoche, mais d’instaurer une chambre de dialogue permanent, dotée d’un pouvoir de contre-expertise. Ce CESEM sera la garantie qu’aucune décision structurante ne sera prise sans l’avis de ceux qui en assument les conséquences économiques.
Aux entrepreneurs de nos villes et de nos zones rurales, je dis : engagez vous ! Ne laissez plus la politique se faire sans vous, car demain, elle se fera contre vous. Aux candidats de 2026, je dis : ne craignez pas l’entreprise marchande. Elle n’avance pas masquée pour saper nos valeurs démocratiques. Face à la défiance des Français envers les politiques, nos TPE-PME sont des lieux de cohésion sociale inestimables. Elles sont vos meilleures alliées pour réussir toutes les transitions à mener – écologique, sociale, numérique…. Si vous êtes ouverts, nous sommes prêts à vous accompagner.
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