Financement du Grand Paris Express : Nos entreprises sont-elles des vaches à lait, des moutons ou des pigeons ?

Gilles Carrez est un parlementaire, du Val-de-Marne en Ile-de-France, aguerri. Il a été président de la Commission des Finances à l’Assemblée et à toujours milité pour la rigueur budgétaire, quels que soient les gouvernements. Il vient de rendre, le 6 septembre 2018 au Premier Ministre, un rapport sur le financement du Grand Paris Express. Jeudi 13 septembre, il est intervenu au CESER IDF pour présenter ses conclusions. Nous en avons profité pour lui poser trois questions qui préoccupent nos PME franciliennes.

Un rapport de ce type, c’est toujours beaucoup de travail personnel. Mais aussi une large série de consultations d’organisations et de personnalités qui vivent sur le territoire.  Et comme l’auteur est un spécialiste des finances publiques, et un homme qui parle vrai, nous lui avons demandé ses sources d’information. Gille Carrez a été cash : le rapport sévère de la Cour des Comptes, qu’il a diligenté, sur la gestion du Grand Paris Express, publié en janvier 2018, a été un élément incontournable. Il regorge de chiffres, de données précises et pointe du doigt tous les dérapages. Ensuite, certaines personnalités, quelques fédérations professionnelles et des élus ont été entendues. Mais ni la CPME Paris-Ile-France, ni les représentants des syndicats de salariés, ni les représentants des professions libérales, artisans ou indépendants sur notre territoire ont été contactés. Par manque de temps, sans doute… C’est bien dommage car, en démocratie participative, on ne construit pas un grand projet sans se nourrir de l’avis des organisations représentatives. On peut, en revanche, creuser de profonds déficits !

Ma deuxième question concernait, donc,  les dépassements financiers. Le projet de Grand Paris Express a dès le début suscité l’engouement des politiques, des grands acteurs économiques mais aussi des TPE PME. L’enjeu est de taille : fluidifier les déplacements en Ile-de-France, construire et modeler des infrastructures modernes. Mais Comment se fait-il que depuis 2017, on ait laissé filer les dépassements ? D’autant qu’ils risquent de mettre en péril « l’équilibre » du projet ? D’où, depuis quelques semaines, la reprise en main du Gouvernement, sur ce chantier. Mais, la pilule fiscale du « docteur Carrez » (formule de la presse) pour sortir du rouge est un peu amère. Les responsables ? Gilles Carrez, en bon politique, ne met pas en cause les personnes, il évoque l’euphorie  afférente à ce type d’enjeu, la confiance que l’on a toujours de maîtriser les coûts initiaux, les réajustements de provisions, les demandes complémentaires des élus ou des opérateurs, l’importance de d’améliorer tel ou tel chantier. L’interopérabilité de Champigny-sur-Marne, par exemple. Tout cela nous le comprenons. Mais nos entreprises franciliennes, et les ménages devront débourser 250 millions d’euros par an sur… 10 ans. Ils s’ajouteront aux 500 millions d’euros de taxes que paient déjà, aussi annuellement, les entreprises en Ile-de-France. Attention ! Ne faisons payer aux entreprises Franciliennes, le « luxe » de se trouver dans la Région Capitale ! Elles font face, plus que d’autres, à un contexte concurrentiel et de cherté des coûts.

Enfin, ma troisième question concernait le Conseil de Surveillance de la Société du Grand Paris Express. Dans le passé, ce Conseil n’a pas vraiment joué son rôle de « surveillance ». Sinon comment expliquer que nous en soyons arrivés là ! Et les mécontentements exprimés par certains élus ces derniers jours,  vont au-delà des questions de personnes relatives à la nomination d’un nouveau Président. Ils montrent, en revanche, qu’il faut recréer une envie de travailler… ensemble. Un Conseil de Surveillance, même pour ce type d’établissement, doit d’abord « surveiller ». Ce n’est pas un organe politique mais un organe de contrôle et de régulation. Il doit donc jouer pleinement son rôle même face à l’Etat ou  face à la Région. Dans cet esprit, on peut juste regretter, une fois de plus, que personne n’ait pensé ouvrir cet « aréopage » à des représentants de la « Société Civile »…

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