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LIBÉRATION | Les commerçants réclament des aides supplémentaires

Article publié le 19/03/2021 dans Libération. Par Franck Bouaziz.

110 000 magasins vont baisser le rideau dans les 16 départements concernés par le retour au confinement, samedi. Selon Bercy, ces fermetures devraient coûter 1,2 milliard de plus aux finances publiques.

Vendredi à 23h59, les grandes et moyennes villes d’Ile-de-France, des Hauts-de-France, des Alpes-Maritimes, de Seine-Maritime et de l’Eure vont à nouveau changer de physionomie. Tous les commerces non considérés comme ayant une activité de «première nécessité» devront fermer leurs portes dans les 16 départements listés ce jeudi par Jean Castex lors de sa conférence de presse. Au total, 110 000 boutiques sont concernées dont 52 340 en Ile-de-France, selon les chiffres fournis par le ministère de l’Economie. Le gouvernement a visiblement tiré quelques enseignements du premier confinement. Cette fois-ci, la vente de livres et de disques est considérée comme une activité de «première nécessité». Au printemps puis à l’automne 2020, une partie de l’opposition, la maire de Paris Anne Hidalgo en tête, avait milité pour que le gouvernement laisse les librairies ouvertes. Les coiffeurs pourront également continuer de recevoir des clients, a annoncé le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal ce vendredi matin.

Par ailleurs, Jean Castex a précisé jeudi que ce qui était interdit à la commercialisation dans les magasins spécialisés ne pourrait être vendu dans les magasins ayant également une activité dans le secteur alimentaire. En clair pas question que les super et hypermarchés commercialisent dans leurs rayons ce qui est interdit dans les boutiques de centre-ville. A commencer par les vêtements ou l’équipement de la maison.

De son côté, Bernard Cohen-Hadad, vice-président de la Confédération des petites entreprises (CPE) d’Ile-de-France, plaide pour une prolongation du dispositif d’aides existantes jusqu’à la fin de l’année. Or ces mécanismes de soutien coûtent 7,2 milliards par mois aux finances publiques.

Ces fermetures de magasin vont entraîner de nouvelles demandes de chômage partiel pour les salariés de ces points de vente et un recours accru au fonds de solidarité pour les gérants de ces boutiques. Au total, il devrait en coûter 1,2 milliard de plus aux finances publiques. Reste que pour plusieurs associations de commerçants, le compte n’y est pas. Francis Palombi, le président de la Fédération des commerçants de France réclame des mesures de prise en charge des loyers des commerces, ainsi qu’un accompagnement fiscal sur les stocks qui s’accumulent du fait des ventes en berne. «Il serait également bon que nous puissions déclarer le paiement des fournisseurs sans pour autant les mettre en difficulté, d’où l’idée de mettre en place de nouvelles échéances de règlement de nos factures en accord avec les banques», dit-il. De son côté, Bernard Cohen-Hadad, vice-président de la Confédération des petites entreprises (CPE) d’Ile-de-France, plaide pour une prolongation du dispositif d’aides existantes jusqu’à la fin de l’année. Or ces mécanismes de soutien coûtent 7,2 milliards par mois aux finances publiques.

Pour l’heure, Bercy ne semble guère prêt à lancer de nouveaux mécanismes d’aides aux entreprises, il estime que les accompagnements existants sont suffisants. Pour autant, Alain Griset, le secrétaire d’Etat au PME a programmé dans les jours qui viennent une réunion sur la question des stocks qui s’accumulent dans les arrière-boutiques et pèsent sur la trésorerie déjà assez secouée des commerçants. Une catégorie a en tout cas sauvé l’un des pics annuels de son activité : les chocolatiers. Considérés comme des commerces de bouche, ils ne sont pas contraints à la fermeture et pourront donc écouler leur production à l’occasion de la fête de Pâques.


Crédit photo : Joel Saget/AFP

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