Une vraie banque publique des entreprises, article écrit par Bernard Cohen-Hadad, président du think-tank Etienne Marcel, publié dans le Figaro du 25 juin 2012
Le président de la République, François Hollande, a pris l’engagement de la création d’une banque publique d’investissement pour les entreprises. Début juin, le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, déclarait « le système bancaire actuel est défaillant… toutes les enquêtes montrent que les banques financent mal l’économie ». Reconnaître que les entreprises rencontrent des problèmes de financement est pour les entrepreneurs ni une découverte ni une nouveauté. Et si les banques annoncent maintenir le financement de notre économie, les très petites (TPE) et les petites et moyennes entreprises (PME) et industries (PMI) n’ont pas ce sentiment dans les territoires. Alors, que le nouveau gouvernement veuille mettre en place une banque publique d’investissement pour les entreprises, c’est bien. On est seulement préoccupé par les délais, jusqu’en 2013, et les contours de la nouvelle banque. Il y a urgence à agir…

Bernard Cohen-Hadad – Vous avez parlé à plusieurs reprises l’épargne réglementée, et surtout le doublement du plafond du livret A. Et tout à l’heure, à la tribune, vous avez aussi évoqué la traçabilité. Aujourd’hui, et Thierry Repentin avec lequel je siège a dû vous en faire la relation, le problème n’est pas uniquement celui des fonds qui sont collectés par les banques. C’est celui de la traçabilité, de la lisibilité, de la possibilité pour les PME de savoir où sont distribués ces fonds et comment. Est-ce que vous envisagez, demain, d’améliorer cette transparence ? Envisagez-vous également d’assurer la présence des représentants des PME dans un certain nombre d’organisations de contrôle ou d’observatoires, comme l’Observatoire des PME ? Envisagez-vous cette présence des PME, car n’oublions pas que les PME sont des petites équipes et que les chiffres, elles vont les chercher ailleurs ? Je vous remercie.
Les LBO sont utilisés pour le rachat et la transmission d’entreprises. C’est un enjeu important en période de crises car beaucoup de PME ne trouvent pas de repreneurs ou sont cannibalisées par des groupes internationaux. Il faut donc encourager les dispositifs fiscaux qui permettent à des entreprises moyennes, sous certaines conditions, d’en reprendre d’autres. On ne doit pas limiter le rachat d’entreprises aux salariés. C’est un mythe car ce n’est pas toujours leur volonté d’assumer tous les risques notamment ceux sociaux et financiers. François Hollande met le doigt sur un sujet important, mais ses déclarations ne prennent pas en compte la totalité des données. Elles laissent de coté le projet entrepreneurial et sociétal. Il faut moraliser et contrôler les LBO sans se priver d’un potentiel de repreneurs et d’une dynamique. Sauver les savoir-faire, maintenir l’emploi et des entreprises dans nos régions signifie ne se priver d’aucune piste.
Ces dernières semaines, l’actualité économique a été riche : réunion des pays du G20, déclarations de la Banque Centrale Européenne, mini sommet européen… des épisodes internationaux qui soulignent que nous vivons dans une économie de plus en plus mondialisée et rappellent, si nécessaire, que beaucoup d’éléments ne dépendent plus seulement de l’action de la France. Les patrons de PME, parce qu’ils vivent l’économie et la concurrence internationale au quotidien, ne rêvent plus sur notre capacité d’inverser, seuls, le sens de l’économie du Monde. Ils veulent garder les pieds sur terre et apprécier dans quelle mesure ce qui s’annonce va influencer leur développement territorial. En ce domaine, deux événements ont fait leur petit effet : le come-back, en tambours, des banques françaises et l’annonce, en trompettes, du mariage NYSE Euronext
– Etes-vous satisfait des conclusions du second rapport de l’OER ?
On parle beaucoup de RSE dans les colloques, dans les livres et dans certains articles de la presse économique. Mais sans le soutien financier des banques, des investisseurs et le respect de règles éthiques, on reste dans le domaine du verbe. Et pourtant, les attentes sont bien réelles. 


La controverse sur le taux de centralisation de l’épargne du livret A et du Livret de développement durable (LDD) mérite autre chose qu’une « guerre de positions » entre les réseaux bancaires et la Caisse des dépots…

