François Hollande et le Livret A

livreABernard Cohen-Hadad – Vous avez parlé à plusieurs reprises l’épargne réglementée, et surtout le doublement du plafond du livret A. Et tout à l’heure, à la tribune, vous avez aussi évoqué la traçabilité. Aujourd’hui, et Thierry Repentin avec lequel je siège a dû vous en faire la relation, le problème n’est pas uniquement celui des fonds qui sont collectés par les banques. C’est celui de la traçabilité, de la lisibilité, de la possibilité pour les PME de savoir où sont distribués ces fonds et comment. Est-ce que vous envisagez, demain, d’améliorer cette transparence ? Envisagez-vous également d’assurer la présence des représentants des PME dans un certain nombre d’organisations de contrôle ou d’observatoires, comme l’Observatoire des PME ? Envisagez-vous cette présence des PME, car n’oublions pas que les PME sont des petites équipes et que les chiffres, elles vont les chercher ailleurs ? Je vous remercie.

François Hollande – Je réponds oui à cette double question. Traçabilité : dès lors que nous mettons en place des produits, que nous affectons une épargne à destination des entreprises, les entreprises doivent être en droit de pouvoir vérifier si les fonds collectés ont bien été alloués selon l’objectif prévu. Et d’ailleurs, dans la banque publique d’investissement que nous mettrons en place, les PME seront représentées en tant que telles, puisque c’est vers les PME que nous voulons que cette banque publique d’investissement agisse et intervienne. Il ne s’agit pas – je veux être clair – que la banque publique d’investissement se substitue au secteur bancaire. Le secteur bancaire doit assurer la trésorerie, le financement de l’investissement. La banque publique d’investissement est là pour permettre le développement des entreprises, c’est-à-dire lorsqu’il y a un équipement considérable qui peut être envisagé, lorsqu’il y a un développement à l’export, ou lorsqu’il y a l’acquisition d’une autre entreprise – bref, lorsqu’il y a un enjeu de développement. Donc présence des PME dans les lieux de décisions. Et d’ailleurs, Alain Rousset est là, président des Régions de France. Puisque ce sera lié aux fonds régionaux, les organisations patronales seront nécessairement présentes pour y compris décider de l’attribution de ces prêts ou de ces participations. Sur toutes les commissions et observatoires, y compris sur les commissions bancaires et autres, je pense que nous y avons tout intérêt – et les banques aussi. Parce qu’elles n’ont pas forcément à être suspectées de tout et mises en cause à chaque instant – autant j’ai dénoncé la finance, et je continuerai de le faire, la finance folle, la finance spéculative, autant nous avons besoin de ces entreprises. Et donc, pour toutes ces raisons, la transparence est, je crois, un bon principe.

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