IL FAUT MAINTENANT ALLER PLUS LOIN POUR UNE MANDATURE UTILE AUX TPE-PME PARISIENNES

Il faut maintenant aller plus loin pour une mandature utile aux TPE-PME parisiennes

Les élections municipales ont été marquées par la crise sanitaire, une certaine “lassitude démocratique” et un record d’abstention. A Paris, la campagne électorale a été si riche en rebondissements et en atermoiements qu’elle fût à l’inverse particulièrement pauvre en débat d’idées. Les préoccupations, les attentes, les espoirs des chefs de TPE-PME parisiennes, de leurs collaborateurs et de leurs clients, ont ainsi été éclipsés par cette “drôle de campagne”. Au moment où la situation épidémiologique se dégrade à Paris et en Île-de-France, zone de circulation active du virus, généraliser le port du masque à Paris et dans les départements de la petite couronne a été une bonne décision pour concilier la protection de la santé et la continuité de l’activité économique. Il faut maintenant aller plus loin pour une mandature utile aux TPE-PME parisiennes.

Une capitale plus TPE-PME friendly

pour une capitale plus “TPE-PME friendly” qui facilite la création, le développement et la vie des petites entreprises, celle de leurs salariés et de leurs clients.

Pour ces dernières municipales, nous n’avons pas ménagé nos efforts pour faire connaître nos attentes. Notre enquête d’opinion réalisée en septembre 2019 avec l’Ifop a fait ressortir des priorités. Puis nous avons adressé aux candidats, puis versé au débat public, un livre blanc de 40 propositions thématiques pour “mieux vivre et travailler à Paris”. Enfin, nous avons rencontré tous les candidats à l’Hôtel de Ville. Nous  avons adopté  une posture engagée et dressé un état des lieux pour une capitale plus “TPE-PME friendly” qui facilite la création, le développement et la vie des petites entreprises, celle de leurs salariés et de leurs clients. C’était ambitieux, novateur et courageux pour une organisation de TPE-PME. 

Des propositions plus que jamais d’actualité

Pour repenser les relations avec les politiques et les administrations, nous souhaitons la mise en place auprès de l’Hôtel de Ville d’un Conseil économique et social composé de représentants patronaux, syndicaux et associatifs, afin de fluidifier et de renforcer la communication entre les protagonistes de l’économie parisienne et les institutions.

Pour accompagner le développement de l’activité, nous demandons la mise en place d’un “Parisian Small Business Act” exemplaire qui facilite l’accès des TPE-PME aux marchés publics de la Ville de Paris, y compris dans les arrondissements, en augmentant la part de la commande qui leur est réservée, en nombre comme en valeur.

Pour devenir plus mobiles avec moins de voitures et ne pas subir les fermetures de rues (parfois du jour au lendemain), nous proposons de débattre des mobilités avec les entreprises, d’encourager le free floating de véhicules professionnels puis d’installer un péage urbain diurne (8h-20h) autour de Paris, avec une tarification différenciée suivant la taille du véhicule et son émission de CO2, ainsi que la gratuité partielle ou intégrale pour certains publics.

Trois priorités nouvelles

D’abord, à Paris la sécurité est devenue une priorité pour tous ! La délinquance s’est développée dans toute la capitale, dans les rues, les transports et dans tous les commerces. Les exactions, les dégradations et les vols commis en marge des mouvements sociaux et des rassemblements de supporters sont devenus monnaie courante. Nos TPE-PME sont fatiguées par le manque de réponse pénale. Nous avons besoin d’une vraie police municipale de proximité, efficace, à l’écoute de l’écosystème de nos quartiers et rattachée aux maires d’arrondissement, comme de disposer d’un maillage étroit de vidéo-protection dans les zones sensibles.

Ensuite, pour concilier la santé au travail pour tous – collaborateurs, clients, fournisseurs – et la continuité de l’activité économique, nous proposons à la Région Île-de-France et à la Ville de Paris de mettre en place un Groupe de réflexion sur les voies et les moyens de ne pas laisser les employeurs parisiens prendre en charge seuls le surcoût durable des mesures sanitaires (masques, gel hydro alcoolique, désinfection des postes de travail, distanciation) qui représente déjà environ 100 € par mois et par salarié. 

Enfin, nous avons besoin de retrouver une vraie qualité de vie et de limiter durablement le bruit le soir. Le bruit est la préoccupation de 76% de franciliens. La prolongation à Paris jusqu’en juin 2021 de l’extension gratuite des terrasses éphémères et des piétonisations de voies demandées par les commerçants est nécessaire et opportune. Elle permet aux 8 000 restaurateurs et bistrotiers de continuer de travailler. Mais en tant que professionnels, nous ne devons pas ignorer les nuisances afférentes. D’autant que s’y ajoutent les réunions “amicales ou sauvages” faites jusqu’à pas d’heure au bas des immeubles, sur les trottoirs, les quais et les places. Le désarroi des victimes de cette pollution sonore ne doit pas être sous estimé. A Paris, de bonnes pratiques professionnelles existent, il faut les valoriser et les développer. Nous demandons la mise en place d’un groupe de travail pour établir une charte du vivre et sortir ensemble dans les quartiers, de trouver les moyens financiers pour l’appliquer et de veiller à son respect par tous.  

Voilà ce que nous, chefs de TPE-PME parisiennes, proposons à Anne HIDALGO pour une mandature utile aux petites et moyennes entreprises. Nous sommes prêts à y travailler, en appelant de nos vœux un dialogue constructif “HQE”, pour à “haute qualité d’échanges”.


Bernard COHEN-HADAD
Président de la CPME Paris  Ile-de-France
Président du Think Tank Etienne Marcel

Image par DUOTONE_ de Pixabay

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